31 janvier 2007

La maltraitance et moi...

Il y a quelques jours, Le Monde relayait une information qui est passée inaperçue aux yeux de beaucoup, mais pas aux miens... L'Assemblée Nationale a amendé la loi sur la protection de l'enfance maltraitée en y ajoutant de nouveaux facteurs de surveillance pour les professionnels concernés. Dans ces nouveaux facteurs, entre autres tarteries, on retrouve l'accouchement à domicile.

Bien sûr, mon sang n'a fait qu'un tour.
Bien sûr, j'ai répondu aux députés concernés (cette chère Valérie Pécresse en tête, j'le savais qu'elle avait une gueule de c...), mais ma réponse est un peu trop personnelle, alors je préfère la garder pour moi et vous livrer à la place la réponse officielle du collectif Naître Chez Soi, petite zone de douceur dans ce monde de brutes, où j'aime à aller échanger...

Mais surtout, j'ai envie et besoin de dire et répéter que la violence n'est pas dans les statistiques, là où on aimerait tant la trouver, parce que ce serait plus simple de se dire que "ces gens" ont une vie difficile qui n'est pas la nôtre.
Non, Madame Pécresse, la violence est partout, ptêt même près de chez vous, chez ces gens à qui vous payez un Mouton Cadet de temps à autres, en échangeant sur les derniers tourments de Nicolas.... La violence faite aux enfants est sournoise, elle se cache bien, parce qu'elle est inscrite dans ces âmes depuis toujours, comme une normalité. La violence n'a pas de couleur, pas de minimum social et pas de bruit...

Voici la réponse de la responsable du collectif...

"Madame, monsieur les députés,

Au nom du collectif Naître Chez Soi (1), je souhaite réagir suite à l'article paru dans Le Monde en date du 29 mai 2005 et mis à jour sur leur site le 09 janvier 2007.
En effet, vous considérez que l'accouchement à domicile est un facteur de risque accru de maltraitance. Nous aimerions savoir si vous vous basez sur des faits et des chiffres pour énoncer un tel amalgame (auquel cas nous serions ravis d'avoir ces études) ou si il s'agit encore une fois d'un fantasme généré par notre société sur l'accouchement à domicile. Nous tenons ici à faire la distinction entre les mères qui accouchent chez elles car se trouvant en grande détresse, qui sont mal ou pas suivies du tout, et celles qui accouchent à domicile par choix, choix défendu par notre collectif.
Nous souhaitons vous informer, qu'à ce jour en France, l'"accouchement à domicile" tel que nous le définissons est un choix parental aussi respectable et sécuritaire qu'un accouchement en maternité. La plupart des parents faisant ce choix sont des gens qui se sont longuement informés et interrogés sur les conditions de la naissance en France (2,3) (nous vous rappelons que les chiffres français à cet égard sont loin d'être bons au niveau européen (4), contrairement aux Pays Bas par exemple où l'accouchement à domicile représente 30% du nombre total de naissances).
Au cours de leur réflexion, ils ont choisi d'être acteurs de la naissance de leur enfant, de ne pas être passif devant cet évènement qu'ils considèrent comme social avant d'être médical. C'est un engagement devant l'enfant à naître, qu'ils placent au coeur de leurs préoccupations, avant même le confort de la mère. Ces personnes pour la plupart rejettent la violence ordinaire dans laquelle les enfants naissent actuellement en maternité (voir les augmentations des taux de césariennes, naissances instrumentales, mais aussi la banalisation de gestes violents non justifiés sur les enfants dans leur premières minutes de vie, dénoncées par l'Organisation Mondiale de la Santé (5)). Ils souhaitent accueillir leurs enfants dans des conditions sereines et leur offrir la douceur d'une naissance respectée. On comprend mal comment ces parents qui ont tant à coeur le bien-être de leur enfant dès ses premièrs instants sur terre puissent être en première ligne concernant les suspicions de maltraitance... Très souvent ces parents rejoignent les thèses du Dr Michel Odent (6), qui dit que les violences subies par l'enfant lors de sa naissance peuvent avoir des répercussions toute sa vie, et au niveau sociétal estime que la violence (délinquance, maltraitance...) dans un pays est directement corrélée avec les violences subies par les enfants lors de leur naissance  Beaucoup d'entre nous sont aussi pour une éducation sans violence et pour l'interdiction de la fessée... n'est-ce pas une piste de réflexion qui n'a jamais été sérieusement envisagée en France et qui a pourtant fait ses preuves en Suède par exemple (7,8) ?
Ces parents font aussi le choix de la sécurité, en étant suivis par un professionnel de santé, la plupart du temps une sage-femme, suivi qui se fait tout au long de la grossesse et surtout au-delà. Ce professionnel est à même de détecter les situations à risque aussi bien sur le plan médical, auquel cas l'accouchement aura lieu en maternité (nous rappelons ici que toutes les études sur l'accouchement à domicile en France montrent que pour une grossesse non pathologique, condition sans concession pour un accouchement à domicile, le risque est le même pour un accouchement en maternité qu'à la maison (9,10), que les situations pouvant conduire à de la maltraitance. Cette personne pourrait être une référente de choix dans la détection précoce, en amont, de la maltraitance que vous préconisez. En effet, elle suit non seulement une femme qui attend un enfant, mais le plus souvent aussi le couple et le reste de la famille. Ce suivi est global, il a donc lieu du début de la grossesse aux jours (souvent critiques dans la mise en place de la relation à l'enfant), voire aux mois, qui suivent la naissance. Bien souvent, dans le cas de l'accouchement à domicile, les dernières consultations ont lieu au domicile et peuvent permettre d'identifier les conditions sanitaires dans lesquelles va vivre l'enfant à naître. Une relation spécifique se met en place entre la famille et le professionnel de santé qui les accompagnera, car il est difficile d'accoucher chez soi en présence d'une personne en qui l'on n'a pas confiance.
Malheureusement, en France, le suvi périnatal classique est totalement morcelé. Les femmes enceintes, puis nouvellement mamans, ont beaucoup d'interlocuteurs différents, ce qui ne permet pas une relation de confiance qui a besoin de temps à se mettre en place. Aussi, les gynécologues débordés, souvent obnubilés par la recherche de la pathologie dans la crainte du médico-légal, ne voient pas forcément leur patiente le jour de l'accouchement, ne la suivent pas lors de la période critique qui suit la naissance, n'ont pas le temps de faire connaissance avec le reste de la famille...  L'examen du quatrième mois de grossesse présente les mêmes inconvénients : la mise en place d'une réelle relation de confiance ne peut se faire puisqu'il s'agit encore d'un intervenant différent et les problèmes peuvent difficilement être détectés. Nous pensons donc que pour la détection précoces des problèmes de maltraitance un suivi global de la maternité, comme c'est actuellement le cas lors des accouchements à domicile, serait une solution plus efficace que le système classique actuel.
Nous souhaitons donc casser le mythe d'un accouchement à domicile systématiquement dangereux pour l'enfant, et vous présenter une manière d'accompagner la grossesse, la naissance et la petite enfance plus respectueuse de la famille et plus à même, selon nous, d'identifier les problèmes que le système actuel."

Karine Lesellier, co-fondatrice du collectif "Naître Chez Soi".

Références :
(1) http://fr.groups.yahoo.com/group/naitre_chez_soi/
(2) http://ciane.info/
(3) http://www.fraternet.org/afar/
(4) http://www.ccomptes.fr/Cour-des-comptes/publications/rapp...
(5) http://www.who.int/reproductive-health/publications/Frenc...
(6) Odent Michel, "Le fermier et l'accoucheur", éditions Medicis
(7) Durrant J., Résumé des tendances sociales récentes en Suède, Université du Manitoba, Canada, 1999.
(8) Estrada F., European Jal on Criminal Policy and Research, vol.7, 1, 1999.
(9) "Accouchement à domicile, risque ou modèle" Mémoire de Cathy-Anne Pireyn-Piette, session 2005 école de sages-femmes de Strasbourg
(10) http://194.57.187.58/ext/afar/FMPro


F., maman AAD aimante

Commentaires

N'importe quoi... ça nous fait donc 577 glandus d'or pour la semaine... vraiment, du grand n'importe quoi !

Ecrit par : Loreal | 31 janvier 2007

comme quoi la betise vient souvent de l'ignorance....

Ecrit par : cahuette | 31 janvier 2007

Wéééééééééé faites pas chier en gros...
De tte façon aujourd'hui tout le monde, faites pas chier.....

G. exjajaforever...

Ecrit par : G. | 01 février 2007

je me disais bien qu'ils avaient un petit air de beatniks ces Zantoines... faut les garder à l'oeil, sinon leur Loulou va finir avec des dreads et un oinj au coin du bec !

Ecrit par : moonliza | 01 février 2007

G. > quoi ??? tu vas VRAIMENT arrêter ???? hé, tu sais que je pourrais t'épouser ???

Ecrit par : stef | 01 février 2007

je suis choquee moi , imaginer ce si bel enfant avec des dreads , vraiment dame moon .....a votre age ....pfff y a pu de tite vieille !!!

Ecrit par : cahuette | 01 février 2007

ben s'il arrête, sur quoi (qui ?) il va passer ses nerfs le G. ????
ça va faire des bulles sur la banquise...

Ecrit par : moonliza | 01 février 2007

dame moon vous n'auriez pas un blog a actualiser au lieu d'inciter des jeunes gens pere de famille a la debauche???

Ecrit par : cahuette | 01 février 2007

ben non cahuette, je me soucie des réactions potentiellement violentes d'un jeune père de famille qui essaie d'arrêter le jaja...
et comme en plus sa chérie a accouché à domicile, c'est à double titre qu'il faut être vigilants ! ...
(bon oui, je sais, chuis pas drôle !)

Ecrit par : moonliza | 01 février 2007

pfff ma pov dame quelle jeunesse,
heuuu je m'excuse d'avance mais en meme temps je n'ai plus qu'un neuronne ...mais chez moi le jaja c'est un verre de vin, on parle sans doute pas de la meme chose....
tu dois parler deco interieure, moquette ? non ?

pfff ces jeunes , nous ca a failli etre cause de rupture c't histoire , la moquette, le parquet etc... mais c'etait y a bien longtemps pfff on vieillit....

Ecrit par : cahuette | 01 février 2007

Tu va me détesté stef. mais je me permet de rectifier ton billet.
Ce dont tu parles ici, et dont tu te fais l'echo de ce collectif est relatif au propos de V.Pecresse pedant une seance de l'A.N lors des questions au gvt : http://www.assemblee-nationale.fr/12/cra/2006-2007/104.asp
ou elle dit, je cite : "La mission d’information sur la famille, dont notre collègue socialiste Patrick Bloche était le président et dont j’étais le rapporteur, a constaté que si, dans 95 % des cas, les mécanismes de soutien familial et social jouaient pleinement leur rôle, ils se révélaient inadaptés dans les situations les plus graves, celles où les parents maltraitants choisissent des stratégies d’évitement des services sociaux. Dans la plupart des cas, plusieurs personnes avaient pourtant au moins des éléments d’information – un accouchement à domicile, des absences scolaires répétées, des soupçons médicaux – mais elles ne se sont jamais parlé" Je me suis mis ensuite en quete d'un amendement relatif a l'accouchement a domicile. j'ai donc trouvé la liste complete sous PDF des amendements concernant ce projet de loi : http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/amendements/adts_3184.pdf

et bien, je n'en ai pas trouvé un seul relatif aux bébés fait maison !!!
Franchement, Si tu as pas encore compris que "Le monde " roule a gauche , que nous sommes en plein (cyber)campagne presidentiel, que V. Pécresse est la porte-parole de N.Sarkozy , et qu'alors tout est bon pour laver les cerveaux, c'est que tu as decidé de te laisser manipuler. bien à toi

Ecrit par : alex | 02 février 2007

tu fais bien de préciser, il est vrai que mon post n'était peut-être pas clair... j'avais la citation exacte, mais j'ai manqué de temps pour la retrouver dans la liste de discussion...
en effet, le pojet de loi ne stipule pas précisément le cas de l'accouchement à domicile, mais c'est "dans les tuyaux" de tenter de lutter contre cette pratique qui augmente de plus en plus et même de légiférer à son encontre. je suis abonnée à des listes de discussions où nous avons des infos un peu plus précises à ce sujet, mais leur contenu est privé, je ne peux donc pas le diffuser...
mais merci de ta précion, car en me relisant, je m'aperçois que je n'ai pas été claire du tout :)

pis pour la campagne et Pécresse, j'te jure, arrête, tu deviens vexant !
un post est par définition un texte avec un début et une fin. je ne peux donc pas tout y dire, ni y être aussi précise, concise ou prolixe que je pourrais l'être dans un face-à-face verbal. donc juger systématiquement tous mes écrits relève un poil de la malhonnêteté intellectuelle...
alors, comme tu m'as titillé le dard, je te mets au défi d'écrire un texte, quand tu le souhaiteras, sur un sujet qui te tient à coeur, et de préférence polémique... je me ferais une joie de le publier ici. nous verrons bien comment tes propos sont compris et interprétés :p

tu verras, l'exercice n'est pas si facile... tu marches ????

Ecrit par : stef | 02 février 2007

Bon, si on allait faire des crèpes, pour fêter ça :-D !

Ecrit par : Loreal | 03 février 2007

miamizzz j'arrive.....

Ecrit par : cahuette | 03 février 2007

« Entre Ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie d'entendre, Ce que vous croyez entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous avez envie de comprendre, Ce que vous croyez comprendre, Ce que vous comprenez, Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même… » Bernard Werber.

Donc, oui c'est loin d'etre facile d'ecrire sur des sujets sensibles. (mais je garde ta proposition de pondre un papier sous le coude).

Ecrit par : alex | 06 février 2007

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